Le projet macoscloud en route

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général

DMR ne m’a pas beaucoup occupé ces derniers temps, ça m’a permis de parfaire mon étude de beaucoup de nouvelles technologies. Pas de doute que le “cloud computing” a de nouveau retenu mon attention, voir mon billet du 25 mai “Le nuage et la souveraineté“.

Ceux qui me connaissent savent que je travaille sur un ordinateur Apple depuis plusieurs années. Apple offre d’excellents produits avec une ergonomie supérieure, pas besoin de s’étendre longtemps sur le sujet. Un ordinateur Apple est et demeure un produit de niche qui a de la difficulté à rejoindre les masses. Apple fabrique les ordinateurs ET le système d’exploitation, ce qui le met dans une classe à part, il peut ainsi fort bien se contenter de sa faible part de marché et avoir du succès en même temps.

Une chose qu’Apple n’a pas fait très bien jusqu’à maintenant, c’est desservir adéquatement les groupes de travail. Leur environnement serveur (Xserve, Mac OS X Server) est plus destiné à fournir des services communs en réseau qu’à supporter des utilisateurs multiples. C’est normal, ce faisant on affecterait les ventes de postes de travail. C’est pour cette raison qu’Apple est un peu timide dans son adoption du “cloud computing”: on tente de ménager la chèvre et le chou. Quoi qu’il en soit, la situation est entrain de changer et plusieurs indices pointent dans cette direction. Il existe maintenant des logiciels qui permettent l’exploitation de serveurs Apple avec un grand nombre de clients légers. Pour parler techno, on peut maintenant faire du RDP avec des serveurs Mac. Wow! J’embarque, je monte une offre de service sur le net et je loue l’accès à un bureau Mac OS, sans qu’il soit nécessaire d’avoir un Mac. Ça va s’appeler macoscloud. Une courte preuve de concept de 2 semaines a été un succès. J’ai réservé les noms de domaine macoscloud.com et macoscloud.ca et je compte mettre ça en opération en janvier. Le site web pour macoscloud.com est en construction, faudra attendre un peu avant d’aller voir.

Beaucoup de pain sur la planche, ce sera malheureusement vous comprendrez l’occasion d’une pause de quelque temps pour la chronique de la parallaxe. Pour ceux que ça intéresse, vous pourrez suivre le développement du projet sur Twitter à l’adresse suivante http://twitter.com/macoscloud, c’est en anglais cependant, je compte faire ça en anglais pour commencer, même chose pour le site Web, question de mettre toutes les chances de mon côté.

Souhaitez-moi bonne chance, j’en aurai besoin!

André Verville
parallaxe@averville.ca

De l’utilisateur payeur à l’utilisateur contributeur

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chronique

Bip-bipLes changements du monde moderne sont difficiles à anticiper. S’y adapter l’est encore plus. L’humain a besoin de références, de balises, de phares pour naviguer dans cet environnement. Si ces références sont fixes, il pourra s’orienter correctement. Si elles se déplacent et changent constamment de forme, l’orientation devient impossible. À mon avis, plutôt que de fournir les références, l’État tente lui aussi de naviguer en déplaçant constamment ses propres balises. Cette situation crée de la confusion, personne n’y gagne. Le pire, c’est que je crois qu’il reviendra éventuellement à son point de départ. Je m’explique.

Comme je le mentionnais dans mon billet du 20 juillet dernier, le quatrième d’une série portant sur les DRS (données à référence spatiales) publiques, les gouvernements sont devenus accros au financement provenant des utilisateurs: c’est le principe de l’utilisateur payeur. Il faut comprendre que dans un contexte de vieillissement de la population, aucun moyen n’est épargné pour alimenter en précieux dollars notre système de santé qui est dans une phase de croissance sans précédent dans l’histoire. Pas d’argent pour les DRS, on fait payer les utilisateurs.

Attention cependant: le concept de l’utilisateur payeur pour tout ce qui est intangible, reproductible et ne requiert pas ou peu de procédés industriels directs de fabrication est malheureusement en voie de disparition. Les médias écrits et électroniques sont en crise, les producteurs de disques et de films s’arrachent les cheveux pour tenter d’éviter la piraterie de leurs produits. Est-ce que la situation va s’améliorer et se régler d’elle-même? J’en doute. En microéconomique, la valeur d’un bien ou d’un service est déterminée par son coût de remplacement, pas par son coût de fabrication. Tous les artifices qu’on utilise pour déjouer cette règle ont un effet mitigé et limité dans le temps. Il faut donc trouver des mécanismes qui exploitent la valeur réelle du coût de remplacement. Comme ce coût est minime, on doit donc parler de contribution et non plus de paiement. La beauté des choses, c’est que la contribution a beaucoup plus de chances d’être faite volontairement et sans contrainte et ceci, par le plus grand nombre.

Vous voulez un exemple? Super Écran. Pour environ 15$ par mois, vous avez accès à plus d’une centaine de films par mois, projetés sur 4 chaînes en continu 24 heures par jour. J’appelle ça une contribution: le grand nombre d’utilisateurs génère des montants substantiels. Le coût de remplacement tend vers zéro: si je regarde un film, ça ne coûte rien à personne.

Les DRS vont à l’avenir tendre vers un modèle similaire: montants d’acquisition importants (satellites, levés aéroportés, etc), grand bassin de contributeurs pour assurer leur financement. Dans certains cas comme pour OpenStreetMap, les contributions se sont en espèce: ce sont les utilisateurs eux-même qui assurent le chargement et la tenue à jour des données, toujours par des contributions qui, parce qu’elles sont nombreuses, suffisent amplement. Ça aussi, c’est un modèle d’avenir.

Le paradoxe dans cette histoire, c’est que le modèle le plus parfait de l’utilisateur contributeur, c’est celui du “contribuable”, qui est en quelque sorte le “contributeur universel”, avec un bémol cependant: il y est contraint par la loi de l’impôt. Disons que pour l’instant, ce type de contribution sert plus à financer les soins de santé que l’acquisition des DRS. Le concept de l’utilisateur payeur serait-il une mode passagère dans toute cette histoire?

André Verville
parallaxe@averville.ca