Browsing the blog archivesfor the day Lundi, septembre 28th, 2009

Simple et automatique?

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chronique

simpleMon travail d’architecte technologique m’en fait voir de toutes les couleurs! Je m’explique: on sait que les possibilités de l’informatique sont infinies et on peut vraiment faire faire n’importe quoi sauf la vaisselle aux ordinateurs. Les entreprises qui développent des logiciels l’ont compris et se sont mises en tête de répondre à nos besoins les plus fous. Un foisonnement d’idées dont seulement quelques unes pourront survivre. Les résultats vont de pair: beaucoup de poudre aux yeux, mais aussi une complexité qui tient du cauchemar éveillé.

Un ancien confrère consultant implantait des systèmes comptables pour ses clients. Il m’avait expliqué que beaucoup de clients pensaient pouvoir solutionner leurs problèmes de tenue de livres à l’aide de l’informatique. Il utilisait ce dicton anglo-saxon: “garbage in, garbage out” pour leur faire comprendre que l’ordinateur ne pouvait qu’amplifier leurs problèmes parce qu’un fouillis informatisé, c’est un méga-fouillis. Se pourrait-il que ce soit ce genre de chose qu’on appelle pompeusement une infrastructure de données géospatiales (IDG)?

En géomatique, nous nous sommes laissés dire que les ordinateurs étaient pour prendre en charge la structure et l’organisation de nos données, en pensant qu’ils allaient y mettre de l’ordre. Les fournisseurs de logiciels nous ont dit qu’on n’avait plus à s’en soucier, que la base de données HyperCubeSpatialGeoMachin va s’auto-configurer à la volée à l’aide de ses interfaces intelligentes capables de lire et d’écrire dans tous les formats vectoriels et matriciels de l’industrie, en choisissant la bonne projection cartographique, le bon système d’unités et la bonne échelle de représentation. Tout ça, au-to-ma-ti-que-ment, d’un simple clic de souris. La belle vie quoi, vive le progrès!

Je suis désolé de jouer le trouble-fête mais depuis quelque temps, même les démos en arrachent. Lorsqu’ils font des démonstrations en personne ou en conférence Web il me semble que les fournisseurs de logiciels se plantent plus qu’avant. On n’hésite plus à nous présenter des menus surchargés d’options toutes plus obscures les unes que les autres, des procédures interactives interminables qui requièrent une navigation experte à travers une arborescence infinie de structures dont on vient à se demander s’il s’agit de données, de paramètres ou de fonctions. À cela s’ajoute un vocabulaire hermétique, souvent présenté sous forme d’acronymes et qu’on finit par trouver gênant de demander la signification tellement il y en a. Pour terminer, l’exécution des commandes requiert une chorégraphie complexe de serveurs, de bases de données et de postes de travail qui ne peut même plus fournir de message d’erreur lorsque quelque chose cloche: on attend, rien ne se passe et on redémarre les serveurs en priant que le problème disparaisse. Pas étonnant que les plus fûtés en soient venus à nous font jouer des vidéos enregistrées plutôt que de se mettre eux-mêmes aux commandes. Avec le temps, je suis devenu un peu las de les voir se mettre dans l’embarras parce que je compatis tout de même un peu avec leurs efforts pour maîtriser la bête (ou plutôt le troupeau) avec la pression de l’auditoire. Ça me laisse toujours perplexe de voir comment ils peuvent garder leur sérieux en disant les mots “facilement” et “automatiquement” tout en faisant la démonstration que “c’est compliqué” et que“ça ne fonctionne pas toujours”.

La gestion de nos infrastructures de données géospatiales serait peut-être plus efficace si on prenait le temps de mettre de l’ordre dans nos idées et dans nos données au lieu de demander aux ordinateurs, aux logiciels et à leurs fabricants de le faire à notre place parce qu’à l’évidence, pour plusieurs la complexité semble avoir bien meilleur $goût$.

André Verville
Géomatique Verville
parallaxe@averville.ca