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“Wake-up call” à Géomatique 2009

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chronique

Géomatique 2009La “grande messe” de la géomatique au Québec est maintenant chose du passé. Bien qu’il n’y ait pas eu à ma connaissance de thème officiel comme on avait l’habitude de le faire, j’ai compris un message qui se distinguait haut et fort de la part des conférenciers clés en plénière et en dîners-causerie: le monde change: adaptez-vous!

OpenStreetMap: le pouvoir aux utilisateurs

La conférence d’ouverture de Steve Coast, fondateur de l’OpenStreetMap Foundation nous amène à penser que Google Maps est peut-être déjà dépassé. Le modèle d’affaires de Google, basé sur une cartographie dite “propriétaire” est bien sûr très intéressant à cause de la gratuité qu’il procure à la communauté des utilisateurs mais il faut comprendre que derrière cette apparente gratuité, il y a un modèle commercial et publicitaire qui fait que quelqu’un quelque part ramasse la facture. OpenStreetMap met en scène un volet plus noble de l’humanité: la volonté des individus de contribuer à l’avancement de la connaissance, sans demander rien en retour. Le résultat est impressionnant: l’armée de “micro-contributeurs” de OpenStreetMap est entrain de surpasser les grandes entreprises comme TeleAtlas et NavTeq pour la qualité et le détail des contenus cartographiques des réseaux routiers dans le monde. On pourra facilement dire que ce n’est pas le cas partout actuellement, toujours est-il que la machine est lancée et que ce n’est qu’une question de temps avant que les produits commerciaux ne disparaissent de la surface du globe et que la connaissance du territoire ne soit prise en mains par les utilisateurs eux-mêmes. Ceci suscite d’ailleurs toute une réflexion qui fera l’objet d’un autre billet que je compte bien écrire et dont le titre est pas mal clair: “De l’utilisateur payeur à l’utilisateur contributeur”.

Le Web 2.0 et la suite

La conférence de Michelle Blanc a aussi été tout un choc pour plusieurs. On peut dire qu’elle n’a pas mâché ses mots pour faire comprendre à l’auditoire que les jeunes de la génération C avaient compris quelque chose qui échappait encore aux “vieux” dont je fais partie. L’expérience que nous avons tendance à promouvoir à toutes les sauces est devenue presque une nuisance dans l’adaptation nécessaire aux changements rapides de notre société. Le Web 2.0, basé sur des principes de collaboration et de réseaux d’échanges et qui apparaît encore pour plusieurs un peu nébuleux et inutile pour plusieurs d’entre nous, n’est qu’une étape dans l’évolution de notre société. Réveillez-vous, dit Mme Blanc: les jeunes qui utilisent les nouvelles technologies à fond sont entrain de vous laisser derrière dans un nuage de poussière. Vous ne les aurez pas vus venir, convaincus que vous êtes de détenir la vérité.

Donnez et vous recevrez

Le dernier coup et non le moindre est venu de Pierre Lavoie, ce tri-athlète de Saguenay qui s’est impliqué à fond dans la lutte aux maladies héréditaires, en particulier à celle contre l’acidose lactique qui a tué deux de ses enfants. Son message humaniste tranchait un peu avec le “mood” général d’une conférence comme Géomatique 2009 mais il me semblait d’une pertinence phénoménale dans le contexte. Si je peux tenter une interprétation peut-être malhabile et certainement incomplète de son message, disons qu’il nous fait la leçon en nous disant que nous ne devons jamais nous contenter de notre zone de confort: il faut en sortir afin d’obtenir des résultats. Les résultats seront aussi à la mesure du nombre de micro-contributions individuelles d’un grand nombre, rejoignant ainsi sans le savoir le message de Steve Coast de OpenStreetMap.

Ouf: j’entends encore l’écho du clairon qui sonnait le réveil. J’espère que notre communauté saura en tirer les leçons et travailler de concert. La connaissance du territoire est une cause noble qui est devenue non seulement utile, mais essentielle à la création d’un monde meilleur. Chapeau aux organisateurs de Géomatique 2009: l’événement m’a permis plus qu’une mise à jour de mes contacts et des nombreuses réalisations dans le domaine de la géomatique, il m’a donné une plus grande motivation à poursuivre dans mon humble contribution que constitue la Chronique de la Parallaxe.

André Verville
parallaxe@averville.ca

La programmation en voie de disparition

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chronique

oignonAndré tu dérailles, me direz-vous. Il y a maintenant tellement de langages de programmation qu’il y en a presque un par programmeur! En plus, ton billet qui montre un oignon: ça va pas la tête?

C’est vrai, je pourrais faire des pages et des pages de ce blogue juste en énumérant des langages de programmation. Ce foisonnement d’options est peut-être le bruit sur la ligne qui nous empêche d’entendre ce qui se passe vraiment. En fait, on ne parle plus vraiment de langages, on parle plutôt maintenant de référentiels (frameworks). Et quand on pense à un référentiel, il nous vient à l’idée un environnement d’assistance de ce référentiel, une sorte de gros jeu de Légo informatisé qui permet d’assembler des composantes qui nous constituent notre programme. Un programmeur fait aujourd’hui plus d’assemblage que de réelle programmation et le référentiel lui facilite les choses en lui fournissant une interface graphique en support à ses activités.

Un confrère architecte organique se plaignait récemment que les programmeurs ne sont plus capables de créer eux-mêmes les portions de code dont ils ont besoin. Il y en a qui sont devenus des experts de Google dans la recherche sur le Net des composantes toutes faites qu’ils pourront utiliser au lieu de les mettre au point eux-mêmes. De là à ce qu’ils cessent complètement d’écrire du code, il y a bien du chemin à faire. Toujours est-il que nous sommes en mouvement et dans la bonne direction: c’est donc là qu’on va finir par arriver!

De plus en plus de systèmes intègrent des environnements qui permettent l’automatisation sans programmation. Le meilleur exemple qui s’applique à la géomatique est le logiciel de conversion de données géospatiales FME de Safe Software. Une conversion de format est un ensemble d’opérations qui sont assemblées à l’aide d’un outil appelé “Workbench”. Safe a réussi à mettre dans Workbench toutes les règles de comportement des fonctions de conversion et de faire en sorte que l’utilisateur les assemble de manière graphique sans écrire une ligne de code (voir court démo de Safe). Une fois le plan de travail au point, on peut l’exécuter sans problème: il s’agit d’un script de conversion qui a été créé par l’outil graphique. On appelle ce genre d’outil des outils “CASE” pour “computer assisted software engineering” (voir sur CASE sur Wikipedia, en anglais seulement).

L’informatique est une centrale de réutilisation tellement puissante qu’il est devenu presque impossible de trouver une personne capable de coder dans le langage de base d’un micro-processeur. Les logiciels sont comme des oignons avec un nombre infini de couches logicielles imbriquées: plus on va vers le centre, plus les compétences sont rares. La beauté de la chose, c’est que ça fonctionne, en échange d’une quantité de plus en plus importante de ressources informatiques pour effectuer le travail. On s’en fout, ce sont les machines qui travaillent, elles sont de plus en plus rapides et elle ne rechignent pas à l’ouvrage, elles!

Toujours est-il qu’une firme d’intégrateurs en TI comme DMR ou CGI consacre un pourcentage de plus en plus important de ses ressources à l’architecture et à l’analyse et que le ratio de programmeurs baisse constamment. C’est une bonne nouvelle pour des gens comme moi qui ne programment plus depuis longtemps: les compétences APL, FORTRAN, Quick BASIC et dans les UCM ne sont plus beaucoup en demande, j’étais pourtant pas pire …

André Verville
Géomatique Verville
parallaxe@averville.ca