Browsing the blog archivesfor the day Lundi, octobre 19th, 2009

La programmation en voie de disparition

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chronique

oignonAndré tu dérailles, me direz-vous. Il y a maintenant tellement de langages de programmation qu’il y en a presque un par programmeur! En plus, ton billet qui montre un oignon: ça va pas la tête?

C’est vrai, je pourrais faire des pages et des pages de ce blogue juste en énumérant des langages de programmation. Ce foisonnement d’options est peut-être le bruit sur la ligne qui nous empêche d’entendre ce qui se passe vraiment. En fait, on ne parle plus vraiment de langages, on parle plutôt maintenant de référentiels (frameworks). Et quand on pense à un référentiel, il nous vient à l’idée un environnement d’assistance de ce référentiel, une sorte de gros jeu de Légo informatisé qui permet d’assembler des composantes qui nous constituent notre programme. Un programmeur fait aujourd’hui plus d’assemblage que de réelle programmation et le référentiel lui facilite les choses en lui fournissant une interface graphique en support à ses activités.

Un confrère architecte organique se plaignait récemment que les programmeurs ne sont plus capables de créer eux-mêmes les portions de code dont ils ont besoin. Il y en a qui sont devenus des experts de Google dans la recherche sur le Net des composantes toutes faites qu’ils pourront utiliser au lieu de les mettre au point eux-mêmes. De là à ce qu’ils cessent complètement d’écrire du code, il y a bien du chemin à faire. Toujours est-il que nous sommes en mouvement et dans la bonne direction: c’est donc là qu’on va finir par arriver!

De plus en plus de systèmes intègrent des environnements qui permettent l’automatisation sans programmation. Le meilleur exemple qui s’applique à la géomatique est le logiciel de conversion de données géospatiales FME de Safe Software. Une conversion de format est un ensemble d’opérations qui sont assemblées à l’aide d’un outil appelé “Workbench”. Safe a réussi à mettre dans Workbench toutes les règles de comportement des fonctions de conversion et de faire en sorte que l’utilisateur les assemble de manière graphique sans écrire une ligne de code (voir court démo de Safe). Une fois le plan de travail au point, on peut l’exécuter sans problème: il s’agit d’un script de conversion qui a été créé par l’outil graphique. On appelle ce genre d’outil des outils “CASE” pour “computer assisted software engineering” (voir sur CASE sur Wikipedia, en anglais seulement).

L’informatique est une centrale de réutilisation tellement puissante qu’il est devenu presque impossible de trouver une personne capable de coder dans le langage de base d’un micro-processeur. Les logiciels sont comme des oignons avec un nombre infini de couches logicielles imbriquées: plus on va vers le centre, plus les compétences sont rares. La beauté de la chose, c’est que ça fonctionne, en échange d’une quantité de plus en plus importante de ressources informatiques pour effectuer le travail. On s’en fout, ce sont les machines qui travaillent, elles sont de plus en plus rapides et elle ne rechignent pas à l’ouvrage, elles!

Toujours est-il qu’une firme d’intégrateurs en TI comme DMR ou CGI consacre un pourcentage de plus en plus important de ses ressources à l’architecture et à l’analyse et que le ratio de programmeurs baisse constamment. C’est une bonne nouvelle pour des gens comme moi qui ne programment plus depuis longtemps: les compétences APL, FORTRAN, Quick BASIC et dans les UCM ne sont plus beaucoup en demande, j’étais pourtant pas pire …

André Verville
Géomatique Verville
parallaxe@averville.ca