La “grande messe” de la géomatique au Québec est maintenant chose du passé. Bien qu’il n’y ait pas eu à ma connaissance de thème officiel comme on avait l’habitude de le faire, j’ai compris un message qui se distinguait haut et fort de la part des conférenciers clés en plénière et en dîners-causerie: le monde change: adaptez-vous!
OpenStreetMap: le pouvoir aux utilisateurs
La conférence d’ouverture de Steve Coast, fondateur de l’OpenStreetMap Foundation nous amène à penser que Google Maps est peut-être déjà dépassé. Le modèle d’affaires de Google, basé sur une cartographie dite “propriétaire” est bien sûr très intéressant à cause de la gratuité qu’il procure à la communauté des utilisateurs mais il faut comprendre que derrière cette apparente gratuité, il y a un modèle commercial et publicitaire qui fait que quelqu’un quelque part ramasse la facture. OpenStreetMap met en scène un volet plus noble de l’humanité: la volonté des individus de contribuer à l’avancement de la connaissance, sans demander rien en retour. Le résultat est impressionnant: l’armée de “micro-contributeurs” de OpenStreetMap est entrain de surpasser les grandes entreprises comme TeleAtlas et NavTeq pour la qualité et le détail des contenus cartographiques des réseaux routiers dans le monde. On pourra facilement dire que ce n’est pas le cas partout actuellement, toujours est-il que la machine est lancée et que ce n’est qu’une question de temps avant que les produits commerciaux ne disparaissent de la surface du globe et que la connaissance du territoire ne soit prise en mains par les utilisateurs eux-mêmes. Ceci suscite d’ailleurs toute une réflexion qui fera l’objet d’un autre billet que je compte bien écrire et dont le titre est pas mal clair: “De l’utilisateur payeur à l’utilisateur contributeur”.
Le Web 2.0 et la suite
La conférence de Michelle Blanc a aussi été tout un choc pour plusieurs. On peut dire qu’elle n’a pas mâché ses mots pour faire comprendre à l’auditoire que les jeunes de la génération C avaient compris quelque chose qui échappait encore aux “vieux” dont je fais partie. L’expérience que nous avons tendance à promouvoir à toutes les sauces est devenue presque une nuisance dans l’adaptation nécessaire aux changements rapides de notre société. Le Web 2.0, basé sur des principes de collaboration et de réseaux d’échanges et qui apparaît encore pour plusieurs un peu nébuleux et inutile pour plusieurs d’entre nous, n’est qu’une étape dans l’évolution de notre société. Réveillez-vous, dit Mme Blanc: les jeunes qui utilisent les nouvelles technologies à fond sont entrain de vous laisser derrière dans un nuage de poussière. Vous ne les aurez pas vus venir, convaincus que vous êtes de détenir la vérité.
Donnez et vous recevrez
Le dernier coup et non le moindre est venu de Pierre Lavoie, ce tri-athlète de Saguenay qui s’est impliqué à fond dans la lutte aux maladies héréditaires, en particulier à celle contre l’acidose lactique qui a tué deux de ses enfants. Son message humaniste tranchait un peu avec le “mood” général d’une conférence comme Géomatique 2009 mais il me semblait d’une pertinence phénoménale dans le contexte. Si je peux tenter une interprétation peut-être malhabile et certainement incomplète de son message, disons qu’il nous fait la leçon en nous disant que nous ne devons jamais nous contenter de notre zone de confort: il faut en sortir afin d’obtenir des résultats. Les résultats seront aussi à la mesure du nombre de micro-contributions individuelles d’un grand nombre, rejoignant ainsi sans le savoir le message de Steve Coast de OpenStreetMap.
Ouf: j’entends encore l’écho du clairon qui sonnait le réveil. J’espère que notre communauté saura en tirer les leçons et travailler de concert. La connaissance du territoire est une cause noble qui est devenue non seulement utile, mais essentielle à la création d’un monde meilleur. Chapeau aux organisateurs de Géomatique 2009: l’événement m’a permis plus qu’une mise à jour de mes contacts et des nombreuses réalisations dans le domaine de la géomatique, il m’a donné une plus grande motivation à poursuivre dans mon humble contribution que constitue la Chronique de la Parallaxe.
André Verville
parallaxe@averville.ca
